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Définition de La dyslexie développementale La dyslexie développementale est définie comme étant un trouble persistant de l’apprentissage de la lecture empêchant l’enfant de progresser dans le domaine de la lecture. Ce trouble cognitif spécifique d’accès au langage écrit se manifeste chez des enfants d’intelligence normale, qui ont reçu un enseignement conventionnel de la lecture et qui ont une scolarisation adéquate et régulière, ne présent pas de trouble sensoriel (bonne acuité visuelle et auditive), de psychopathologie, ni de lésions cérébrales acquises et sont issus de milieux socioculturels normalement stimulants(2). Elle touche trois à sept fois plus de garçons que de fille, (dans les sociétés occidentales alphabétisées, 20 à 25% des enfants présentant des difficultés d’apprentissage de la lecture dont un cinquième peuvent être considérés comme des dyslexiques)(3).Compte tenu des mécanismes communs à la lecture et à l’écriture, la dyslexie est accompagnée d’une dysorthographie touchant la capacité à orthographier les mots. Elle provoque des difficultés scolaires importantes car l’enfant qui n’apprend pas à lire au même rythme que les autres se retrouve en difficulté pour d’autres apprentissages. Plus le temps passe et plus les difficultés s’accumulent. C’est pourquoi il est important de procéder à un diagnostic différentielafin de déterminer si trouble est spécifique à l’acquisition du langage écrit ou s’il correspond à des difficultés générales d’apprentissage. Ce diagnostic permettra aux adultes qui entourent l’enfant de prendre conscience de sa situation, de la nature de ses difficultés et de conseiller des démarches éducatives adéquates dans le cadre scolaire ou celui d’une prise en charge spécialisée. (4).
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Diagnostic et étiologie : Les troubles visuels et les difficultés méta-phonologiques sont les plus fréquemment cités. D’autres aspects du fonctionnement cognitif tels que des troubles de la mémoire, de la vitesse de dénomination des mots ou attentionnelles ont été plus récemment évoqués. Ces troubles ne sont pas présents chez l’ensemble des enfants dyslexiques, c’est pourquoi ils seront présentés en lien avec le type de dyslexie dans lequel ils sont supposés intervenir. En effet l’étude du fonctionnement cognitif des dyslexiques a mis en évidence différents profils. Nous nous appuierons également sur les travaux réalisés par les neuropsychologues qui, se positionnent en amont des déficits des processus cognitifs, recherchent les causes neurologiques de ces troubles. Selon ces derniers, la dyslexie serait secondaire à l’existence d’anomalies cérébrales ayant probablement une origine génétique. Ces anomalies constitueraient une entrave (la mise en place des réseaux neuronaux complexes qui se forment au cours de la maturation cérébrale. Les anomalies cérébrales suspectées sont diverses, ce qui laisse également supposer l’existence de différents profils de dyslexie. L’examen rigoureux des enfants dyslexiques, à l’aide d’épreuve issue des recherches visant à comprendre les mécanismes de décodage des mots écrits, a permis de souligner que les difficultés qu’ils présentent sont très diverses. Plusieurs typologies des dyslexies ont été proposées sur la base de l’analyse de ces difficultés dont on distingue trois types de dyslexie : - La dyslexie phonologique représenterait environ les deux tiers des cas, alors que la dyslexie de).- La dyslexie de surface : (appelée parfois visuelle) représentant que 10‰. - La dyslexie mixte : compte tenu des profils contrastés de dyslexie, que la structure orthographique pourrait être présentant le reste.(5) Seymour(1997) différencie la dyslexie phonologique, qu’il attribut à un trouble alphabétique, de la dyslexie de surface, qu’il associe à un trouble logographique. Il suggère également, compte tenu des profils contrastés de dyslexie, que la structure orthographique pourrait être également appauvrie. Elle pourrait ne pas être en mesure de générer des invariants sur le système de correspondances entre les unités graphiques et phonologiques ou ne disposer de mots individuels. Les différents types de dyslexie sont ainsi mis en relation avec le niveau de développement de la lecture. L’enfant pourrait être bloqué au plan de fondation ou au niveau orthographique ou encoure morphographique.
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Différents types de dyslexie - La dyslexie phonologique, ou dysphonologique serait consécutive à un déficit dans l’utilisation de la voie d’assemblage ; elle se manifeste par une atteinte sélective de la lecture des pseudo-mots et des ôts peu familiers, alors que la lecture des mots familiers est préservée. La différence entre la lecture des pseudo-mots et des mots familiers est d’autre plus marquée que les items sont longs. Les erreurs de lecture produites sont des erreurs de lexicalisation (production de mots visuellement proches de la cible : par exemple, « lorte » est lu « porte »), des paralexies phonémiques (substitution, omission, déplacement de phénomène : « courte » est lu »croute »), des erreurs morphologiques (mots ayant la même racine : « danseuse » est lu « danser »), des paraphasies sémantique (« rivière » est lu à la place de ruisseau »). Ces dernières erreurs indiquent une utilisation des informations sémantique. En écriture, la dyslexie phonologique responsable de la production d’erreurs non phonologiquement plausibles (« mouon » pour « mouton », « corme » pour « corne »). (6) IL est admis, de manière quasi unanime aujourd’hui, que la conscience phonologique est en cause dans l’origine de la dyslexie phonologique. Ce déficit de la conscience phonologique empêcherait l’utilisation de la médiation phonologique au niveau de la conversion des graphèmes en phénomènes mais aussi des unités plus larges. Par exemple, colé et springer-Charolles(2000) ont montré que les enfants dyslexiques phonologiques n’utilisent pas l’unité syllabique comme le font leurs pairs de même âge dans une tâche de détection d’une cible à l’initiale de mots. Cette étude est présentée dans la page suivante. Différents troubles sont avancés aujourd’hui pour expliquer l’origine de ce déficit de la conscience phonologique. Ce déficit serait imputable à la perception auditive : il se traduit par une difficulté à percevoir les phénomènes dont l’articulation est courte (comme/Pa/ et /BA/) en comparaison avec ceux dont la prononciation est longue (/ma/). Il pourrait également s’expliquer par un déficit séquentiel touchant l’organisation temporelle. L’enfant dyslexique ne réussit pas, par exemple, à reproduire ou à transcrire par des traits un rythme alterné de coups frappés sur un tambourin. (7) Par ailleurs, la dyslexie phonologique est associée à une moindre rapidité pour dénommer des images. Cette lenteur de la dénomination ne dépend ni de la vitesse de l’articulation, ni de la connaissance du vocabulaire, ni de l’indentification visuelle. L’enfant présenterait un défaut des processus permettant la mise en relation d’un objet identifié avec le mot qui lui correspond. Enfin, on observe fréquemment chez les enfants dyslexiques phonologiques un déficit de la boucle phonologique(ou articulatoire) de la mémoire de travail. Les enfants dyslexiques ont un empan (quantité) d’informations maintenues en mémoire de travail beaucoup plus faible que celui des enfants normo-lecteurs en répétition de séries de chiffres ou de mots, et plus faible encoure lorsqu’il s’agit de pseudo-mots de plusieurs syllabes, alors que ce déficit n’apparaît pas dans la modalité visuelle. La mémoire de travail est un module limité dans sa capacité, destiné au maintien temporaire et à la manipulation d’informations pendant la durée de la réalisation d’une tache cognitive. La boucle phonologique permet à l’individu de se répéter mentalement le matériel à retenir et de maintenir de façon transitoire les formes sonores. L’information lue par assemblage ne peut être maintenue en mémoire que lorsque la boucle phonologique n’est pas efficiente. Ce déficit peut aussi expliquer les faibles performances dans les taches de conscience phonologique qui sollicitent également l’aptitude à garder l’information en mémoire.
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Modèle développemental de Frith (1985) Trouble de l’apprentissage du langage écrit · A partir d’un retard de lecture de 18 à 24 mois · En dépit de: - capacités intellectuelles normales - absence de trouble psychiatrique - absence de trouble neurologique - milieu socioculturel normalement stimulant - scolarisation adéquate · Reflète un dysfonctionnement du système cognitif responsable de la lecture · Concerne 3 à 5% des enfants scolarisés. Dyslexie développementales ≠ dyslexie acquise ↓ ↓ Malformation ou dysfonctionnement lésions de zones cérébrales de ces zones. d’autres troubles Parfois accompagné: ► Troubles du langage écrit (dysorthographie) ► Troubles de mémoire immédiate ► Troubles coordination motrice, dyscalculie, hyperactivité avec déficit attentionnel, troubles Visio-spatiaux ou Visio-attentionnels, anxiété Dyslexie développementale = trouble spécifique d’apprentissage du langage écrit ► Phonologique : déficit de la voie d’assemblage ► De surface : déficit de la voie d’adressage
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Théories explicatives ► 1 seul trouble cognitif à l’origine de la dyslexie ? ► Ou des troubles cognitifs distincts expliquant différentes formes de dyslexie ? ● Différentes hypothèses envisagées Le déficit est : Visuel (magnocellulaire) ? Visio-attentionnel ? Auditif (traitement temporel) ? Phonologique (linguistique) ? Cérébelleux ? HYPOTHESE sur la dyslexie développementale : ► Anomalies dans la manière de se représenter ou d’utiliser les unités phonologiques ► Difficile de décomposer les mots en unités phonologiques, puis d’apprendre les règles de conversion graphème-phonème ► La cause de la dyslexie est un dysfonctionnement des représentations phonologiques (Ramus, 2003) Le cerveau dyslexique : Un cerveau assurément bien singulier ► L’imagerie fonctionnelle → mise en évidence des dysfonctionnements de certaines régions cérébrales impliquées dans des fonctions cognitives déficitaires (Chaix, 2004) : ↓ L’activité neuronale dans deux des aires impliquées dans la lecture est plus faible que chez les sujets témoins (Paulesu et al., 2001 ; Pugh et al., 2001) Dissection des cerveaux de dyslexiques post-mortem (Galaburda, Sherman, Rosen, Aboitiz, & Geschwind, 1985) → observation des ectopies (situées majoritairement dans les aires du langage de l’hémisphère gauche, en particulier dans les aires frontales et pariéto-temporales impliquées dans la phonologie et la lecture) et autres anomalies subtiles à la surface du cortex ↑ Des problèmes de migrations neuronales à un certain stade de développement fœtal (16-24 semaines chez l’humain) (Ramus, 2005) ● La dyslexie possède une origine en partie génétique (DeFries et al., 1987) ► Les données disponibles établissent une contribution génétique à la dyslexie. En revanche, elles n’expliquent en rien la nature de cette contribution génétique (Ramus, 2005) ► La génétique moléculaire offre la possibilité du séquençage du génome humain → La version raffinée de 2004 de ce séquençage permet d’obtenir des résultats intéressants dans le domaine de la dyslexie ↓ Certains sites du chromosome 1, 2, 3, 6, 15 et 18 sont significativement liés à la dyslexie (Fisher & DeFries, 2002) ► Les données suggèrent donc que la dyslexie est une maladie génétique complexe dans laquelle plusieurs gènes sont impliqués (Ramus, 2005). Traitements proposés pour la rééducation de la dyslexie : La dyslexie est un vaste marché ● Une grande diversité de méthodes de rééducation et d’entraînement ● Une partie de ces méthodes découlent directement des différentes théories de la dyslexie, proposées par des scientifiques travaillant sur les théories correspondantes, et ont souvent été évaluées scientifiquement (Ramus, 2003). ► Cependant, un très grand nombre de traitements préconisés pour la dyslexie n’ont fait l’objet d’aucune étude scientifique, ni d’un point de vue théorique, ni du point de vue de l’évaluation de l’efficacité du traitement (Ramus, 2002 ; Ramus, 2003) Efficacité non prouvée s’agissant les rééducations suivantes (Ramus, 2005) ► L’occlusion d’un œil (Ramus, 2003) ► Le port de lunettes ou lentilles de couleur (Ramus, 2003) ► Des rééducations intensives de l’audition (Ramus, 2003) ► Des rééducations de l’équilibre (Ramus, 2003) ► Un traitement nutritif basé sur les acides gras essentiels, etc. (Ramus, 2003) Ø « Psychologie clinique et Psychopathologie, Volume coordonné par Michéle Montreuil et Jack Doron, puf, 2006 ,p ► Le traitement de la déficience posturale (Quercia, Robichon, & da Silva, 2004)
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